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En prison, la réalité virtuelle comme lien familial et méthode de réinsertion

Douze détenues du centre pénitentiaire féminin de San Joaquin, au Chili, ont bénéficié d’ateliers audiovisuels notamment constitués d’expériences en réalité virtuelle les plongeant dans le quotidien de leur famille.

La réalité virtuelle comme lien familial et méthode de réinsertion : voici, en quelques mots, la vision de la réalisatrice chilienne Catalina Alarcón, dont le projet « Volver a casa », ou « Retourner chez soi », suscite un fort écho médiatique. « Volver a casa » s’inscrit dans un programme d’ateliers audiovisuels proposé à douze détenues du centre pénitentiaire féminin de San Joaquin, au Chili, rapporte le média chilien Emol. Le principe repose sur des expériences immersives les plongeant dans le quotidien des membres de leur famille.

La réalité virtuelle pour solidifier les liens familiaux

« J’ai personnellement appelé chacune des familles pour leur expliquer les tenants et les aboutissants du projet, et planifié une visite à leur domicile », débute Catalina Alarcón. « La caméra 360 a été livrée à un membre de leur famille, qui a capturé son espace de vie en expliquant ce qu’il faisait au quotidien. C’est grâce à ces familles qui se sont prises au jeu que l’on a pu parachever ce projet », tient-elle à préciser, avant de revenir plus en détails sur le but de sa démarche.

Car proposer de tels contenus VR n’a pas pour objectif de divertir les utilisateurs. Ici, la réalité virtuelle solidifierait le lien entre les prisonnières et leur famille, et pourrait améliorer la réinsertion de la personne qui en bénéficie. « Le principal problème, c’est la réinsertion », affirme la réalisatrice sud-américaine, qui réfute la théorie selon laquelle la prison est censée nous couper de la société pour nous faire redevenir une bonne personne .

Un programme étendu à d’autres prisons du pays

« A San Joaquin, ils disposent d’un projecteur, d’une bibliothèque, d’ateliers de jardinage et d’astronomie et des activités cinématographiques. Ces activités sont importantes pour acquérir des compétences générales et améliorer l’estime de soi », argue-t-elle, persuadée des bienfaits d’un tel programme. Et de revenir sur le Jour J : « L’atmosphère était tendue. Nous savions que revoir sa famille pouvait générer une certaine anxiété ».

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Une à une, les détenues ont ainsi redécouvert leur domicile et aperçu le temps de quelques minutes leurs frères, sœurs, parents et grands-parents. « Leurs réactions ont été impressionnantes. Ils ressentaient le besoin de se déplacer dans l’espace, de toucher avec leurs mains. L’une d’entre elle a même pu voir sa grand-mère, qu’elle ne reverra probablement jamais en raison de sa vieillesse avancée et de sa maladie ». « Volver a casa » devrait être prochainement testé dans la prison de Valparaíso, et pourrait s’inviter dans plusieurs autres centres pénitentiaires du pays.

A propos de Grégoire Huvelin

Amoureux des mots, joueur de poker à mes heures perdues et inlassablement animé par les nouvelles technologies qui façonneront notre avenir.