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[Dossier] NEON, GQ, Courrier International : ces magazines qui s’emparent de la réalité augmentée

La presse est de plus en plus séduite par la réalité augmentée. A tel point que plusieurs magazines se sont emparés de cette technologie immersive pour sortir des « numéros augmentés ». Qui sont-ils ? Pourquoi cette démarche ? GoGlasses fait le point.

NEON, GQ, Courrier International : trois magazines que tout oppose, mais qui se sont pourtant laissés séduire par la réalité augmentée. Une technologie qui prend de l’ampleur dans des domaines aussi divers et variés, du divertissement au marketing en passant par l’ensemble du secteur industriel. Sans oublier la presse papier, qui voit ici une opportunité de renouveler son offre à travers une alternative innovante et originale. La réalité augmentée, c’est aussi une force de proposition éditoriale capable de séduire un lectorat plus jeune, car considéré comme plus connecté, et dont les retombées financières pourraient s’avérer juteuses en cas de succès. Les médias augmentés voient progressivement le jour, et pourraient devenir la nouvelle tendance des prochaines années.

NEON, le leader de la presse augmentée ? 

Magazine de société du groupe Prisma Media, NEON a découvert la réalité augmentée à l’été 2017. Rapidement charmée par le concept après un numéro pilote convaincant, la rédaction n’a pas mis longtemps à mettre les petits plats dans les grands. Si le numéro d’août ne possédait qu’une seule et unique page à consulter en réalité augmentée, ceux de septembre et d’octobre ont bénéficié d’un dossier de dix pages de jeux, quizz et tests en AR. « NEON est un magazine qui a sa déclinaison sur internet et les réseaux sociaux. On réfléchissait sur la manière de donner envie aux lecteurs d’aller acheter du print », nous explique Danielle McCaffrey, rédactrice en chef du titre.

« La réalité augmentée commence vraiment à se développer, et notre lectorat est très connecté, très digital dans l’esprit. On s’est donc dit que ça pourrait pousser les lecteurs à se rendre en kiosque pour se procurer un magazine avec une expérience plus moderne », analyse-t-elle. Et de revenir sur la genèse de cette idée novatrice : « Une étudiante en alternance du groupe Prisma Media nous a demandé si elle pouvait « augmenter » un NEON pour son projet de fin d’année. Ca nous a éclaté. On lui a donc trouvé des contenus liés aux articles qu’elle voulait décliner en réalité augmentée. Ca nous a vraiment plus ».

Ainsi est née le concept du média augmenté du côté de NEON. « On décline très souvent nos articles sur le site avec un complément, une interview ou une playlist. En somme, quelque chose qui ne peut pas se lire directement sur le print. Donc on a immédiatement repéré le potentiel de la réalité augmentée », poursuit Mme McCaffrey. Cette nouvelle formule loin d’être un simple one shot va ainsi poursuivre son chemin dans les colonnes du magazine. « L’objectif c’est de faire un numéro 100% AR pour la fin de l’année, qui devrait sortir début décembre ».

Après trois mois d’expérimentation, NEON récolte déjà le fruit de son travail. « On monte tranquillement en puissance. On peut déjà observer des centaines de clics sur des pages jeux, c’est amusant de voir ce qui marche bien ou moins bien. L’idée c’est que nos lecteurs s’habituent à l’application (SnapPress, l’application qui permet de scanner le magazine, ndlr), la télécharge et la garder ». Tout en pensant à une façon de monétiser ce format immersif : « On essaye d’associer des annonceurs pour avoir des pubs en AR. Ca peut etre un renvoi sur une page Facebook, une vidéo Youtube, un gif animé, une page qui se superpose ou encore du contenu créé. Tout sera possible. »

GQ x DC Comics/Warner : une collaboration articulée autour de la réalité augmentée

Novembre 2017 rime avec innovation chez GQ, magazine français dédié à la mode masculine. Le mensuel va en effet s’illustrer avec une Une en réalité augmentée réalisée en collaboration avec Warner et DC Comics. Aucun dossier de 10 pages n’est prévu au programme, mais seulement un test apporté sur un plateau d’argent par le duo américain. « C’était une proposition de Warner et DC Comics », débute Alexandre Lazergues, responsable de la rubrique Lifestyle GQ, que nous avons contacté.

« A la base, il y avait deux actualités : la sortie du film Justice League dans lequel il y a Batman, prévu le 15 novembre, et la BD Batman : The Dark Prince, dessiné par Enrico Marini, le 3 novembre. Warner et DC Comics nous ont indiqué qu’il y avait une couverture possible avec Batman, mais un Batman dessiné », poursuit M. Lazerges. « Comme c’est un numéro sur la high tech et les start-up, cela nous plaisait d’avoir la batcave en arrière-plan. Batman n’a pas vraiment de super-pouvoirs, mais beaucoup d’argent et de nouvelles technologies ».

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Et d’en arriver à la proposition finale de Warner et DC : « En discutant, ils nous ont expliqué qu’ils développaient un système d’animation en réalité augmentée à partir d’une couverture avec l’application DC All Access. En la scannant, elle s’animerait. C’est intéressant car ça nous permet d’élargir notre public habituel. D’une part, on attire les fans de super héros et de BD, et d’autre part, on tente quelque chose de nouveau avec la réalité augmentée. Ca change de la presse papier pure. C’est amusant d’avoir quelque chose qui mêle deux univers : le réel et le virtuel ».

Cette initiative proposée par les partenaires de GQ va-t-elle laisser placer à d’autres numéros de ce type ? « Il n’est pas exclu qu’on le refasse », nous informe Alexandre Lazerges. « Là, nous sommes content que ça ait lieu. On verra la suite après. Toute la partie motorisation et encodage a été faite par DC et Warner. Donc nous n’avons pas eu à nous en occuper. Mais au moins, ça change un peu de nos couvertures habituelles toujours composées de photos de gentleman ». Et de conclure sur une nouvelle qui ravira les fans du mag’ : « Comme le film sort le 15 novembre, ce numéro va rester deux mois en kiosque ».

Courrier international, le pionnier français du média augmenté

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C’était en février 2017. Courrier International s’essayait à la réalité augmentée en sortant un numéro AR développé aux côtés de la start-up britannique Zappar. Une première en France. « L’idée était de montrer à nos lecteurs ce qu’était vraiment la réalité augmentée. On leur avait bien évidemment parlé de Pokemon Go dans nos pages. Mais nous avons voulu leur offrir une vraie « expérience » de RA, pas juste des mots. Nous sommes restés sur quelque chose de plutôt fun », nous avait expliqué, à l’époque, Carole Lembezat, chef de la rubrique Sciences au sein du journal, qui avait suivi le projet avec attention.

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Au total, l’hebdomadaire avait publié huit petites animations à découvrir en réalité augmentée grâce à un système de QR-Code à scanner avec la caméra d’un appareil mobile. A l’image des technologies utilisées pour NEON et GQ. L’avantage étant que le smartphone est devenu un objet omniprésent dans notre quotidien. Le sortir de sa poche en est même devenu un réflexe, et ne rebutera donc pas le lecteur à tester une expérience immersive. « L’avantage de la RA est d’offrir une expérience ludique et montrer qu’on peut être innovant dans la presse papier », avait-elle ajouté.

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Et de poursuivre sur l’avantage de ce double format : « Dans la presse en général, je pense que l’avantage est de pouvoir conserver le papier auxquels beaucoup de gens sont attachés, tout en ayant aussi les avantages du numérique, un univers graphique ou encore l’environnement du journal papier. On aura également accès à des informations complémentaires, et pourquoi pas à des archives sur le même thème. Peut-être même, à plus long terme, à des graphiques en 3D ».

A propos de Grégoire Huvelin

Amoureux des mots, joueur de poker à mes heures perdues et inlassablement animé par les nouvelles technologies qui façonneront notre avenir.