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[5 questions @] Rémi Rousseau, co-fondateur et CEO de Mimesys

GoGlasses est parti à la rencontre de Rémi Rousseau, co-fondateur et CEO de la start-up Mimesys, spécialisée dans la solution de communication holographique.

Co-fondateur et président de la jeune pousse franco-belge Mimesys, Rémi Rousseau a fait partie des premiers acheteurs de l’Oculus Rift, lors de sa campagne KickStarter lancée en 2012. Passionné par la réalité virtuelle, l’entrepreneur français a lancé une première start-up sur la formation chirurgicale en VR, avant de la revendre en 2016. Dans la foulée, Rémi commençait une nouvelle aventure avec Mimesys, la première solution de communication holographique.

GoGlasses | Bonjour Rémi. Présente-nous Mimesys et ses objectifs. Comment est née l’idée du projet Mimesys ?

Rémi Rousseau : Mimesys est la première solution de communication holographique. Notre conviction, c’est que le futur des télécommunications ne ressemblera pas à l’expérience qu’on a aujourd’hui. L’expérience actuelle des télécoms n’est pas très éloignée des tous premiers téléphones il y a 100 ans : on se parle, éventuellement on se voit à travers un écran mais on en reste là. Nous pensons que le futur des télécoms, ça va être d’être ensemble et de faire des choses incroyables ensemble. Ensemble parce que la communication holographique donne vraiment cette impression de co-présence, d’être avec l’autre. Incroyable parce que l’on peut déjà en réalité mixte montrer et faire des choses incroyables.

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L’idée initiale vient d’une rencontre entre Davy mon co-fondateur, et moi-même. A l’époque – celle du DK1 -, je travaillais avec notre troisième co-fondateur Stéphane sur une solution de formation chirurgicale, et je m’intéressais beaucoup aux caméras de profondeur comme la Kinect. J’ai vu les travaux d’un développeur belge qui mixait la Kinect et le DK1 de bien belle manière, et l’on s’est rencontré à Bruxelles lors d’un meet-up. Il m’a capturé avec la Kinect et m’a montré mon hologramme. Ça m’a beaucoup marqué. On a alors pas mal discuté avec Davy les semaines suivantes.

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On en est arrivé à la conclusion que le vrai potentiel de ces technologies serait de réinventer la communication, quelque chose qui ne semblait pas évident il y a quelques années. On a donc décider de travailler sur le streaming en temps réel de captures volumétriques. Notre premier produit s’appelle Mimesys Connect : c’est un produit de collaboration holographique en entreprise et c’est le vainqueur du Grand Prix du dernier Laval Virtual.

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GoGlasses | Sur quels devices Mimesys est-il disponible ? Quel est le business model actuel ?

R.R : L’HTC Vive et l’Oculus Rift procurent la meilleure expérience. Nous voulons vraiment que nos utilisateurs aient des contrôleurs à 6 degrés de liberté (comme les wands du Vive ou les Oculus Touch) car cela change l’expérience de collaboration. C’est le même choix qui a été fait par Facebook avec Spaces, à titre d’exemple. On travaille sur l’Hololens : l’expérience est futuriste et incroyable mais loin d’être parfaite, notamment du fait de l’absence de contrôleurs pour le moment. Le business model actuel est un produit réservé aux marchés des entreprises qui cherchent à repenser leur collaboration interne à l’international, à être plus plus productifs entre plusieurs bureaux. Il s’agit d’un produit SaaS (Software as a Service, nldr).

GoGlasses | Quels ont été les plus gros challenges pour développer Mimesys ? Selon toi, avons-nous plutôt affaire à une faible éducation du marché ou à un manque de technologies immersives ?

R.R : Il y a des challenges pour le développement et des challenges pour la vente. Pour le développement, ces technologies sont très récentes. Nous pouvons faire face à des difficultés dues à l’immaturité des drivers et des devices. Pour ce qui est de la vente, on est au tout début d’une trajectoire et il y a beaucoup d’éducation à faire. Il est très difficile de présenter ou vendre ses solutions sans les faire essayer, ce qui n’est pas toujours simple.

« La chose sociale que l’on connaît sur le web avec Facebook n’est vraiment qu’une première étape vers les expériences partagées en réalité mixte »

Il y a le problème du hardware, encore très encombrant et surtout de l’acceptation de celui-ci. A mon avis, ça va être passager. L’on va de plus en plus accepter de mettre un casque VR au bureau sans que tous vos collègues se sentent obligés de vous prendre en photo.

GoGlasses | Dans un premier temps, quels usages seront développés pour la réalité augmentée ?

R.R : Tous les usages, et à mon sens en entreprise dans un premier temps, du fait du coût des machines : formation, collaboration et conception. Ensuite du contenu : du jeu, mais aussi du sport et du « contenu narratif ». Je crois beaucoup aux contenux sur table basse. Imaginez « Allumette » sur la table du salon, ça enverrait. Quelles que soient ces applications ou contenus, on voudra les utiliser ou les consommer avec d’autres personnes, dans le même espace ou à distance. C’est l’une de mes convictions. C’est là où la MR va être acceptée, et c’est là où l’on souhaite se situer. J’explicite un peu : imaginons que j’ai en Mixed Reality une reproduction 3D vue de haut de la scène de la Cantina de Star Wars, qui permette de voir tout ce qui se passe en même temps dans cette scène mythique.

« Les technologies immersives vont exploser en entreprise »

De la même manière que je regarde Netflix avec des amis aujourd’hui, je vais vouloir les faire venir avec moi dans cette scène pour l’explorer. Ça pourra se faire sur place si l’on est tous équipé d’un casque, mais surtout à distance où mes amis vont apparaître sous forme d’hologramme ou d’avatar. Et l’on va regarder et commenter la scène ensemble. La chose sociale que l’on connaît sur le web avec Facebook n’est vraiment qu’une première étape vers ces expériences partagées.

GoGlasses | Quels sont vos futurs projets ?

R.R : On développe beaucoup la technologie pour en améliorer les possibilités, la qualité, tout en diminuant les besoins de bande passante. On va tester avec des partenaires prestigieux des cas d’usage un peu nouveaux. Et on va beaucoup travailler sur la Mixed Reality pour le futur : on pense que c’est là où les technologies immersives vont exploser en entreprise.

A propos de Grégoire Huvelin

Amoureux des mots, joueur de poker à mes heures perdues et inlassablement animé par les nouvelles technologies qui façonneront notre avenir.