Interview : Pourquoi l’Adami croit aux objets connectés ?

Interview : Pourquoi l’Adami croit aux objets connectés ?

GoGlasses a eu la chance de pouvoir participer il y a peu à l’excellent hackathon de l’ADAMI autour des objets connectés. Durant ce week-end, il s’agissait de de mettre en relation, développeurs, marketeurs et artistes afin de crére l’objet connecté de demain. Nous avons interviewé Jean-Jacques Milteau, Président de l’Adami, afin de savoir pourquoi la société avait pris le tournant des objets connectés.

Pouvez-vous nous décrire ce qu’est l’Adami ?

L’Adami est la 3ème société de gestion collective des droits de propriété intellectuelle des artistes-interprètes au monde.

Fondée et gérée par les artistes depuis 60 ans, elle perçoit et répartit les droits des comédiens, des danseurs solistes et, pour le secteur musical, ceux des artistes-interprètes principaux : chanteurs, musiciens solistes et chefs d’orchestre pour la diffusion de leur travail enregistré.

Pourquoi l’Adami s’intéresse-t-elle aux objets connectés au point d’en faire un hackathon ?

Nous sommes partis du constat que les objets connectés révolutionnent notre vie au quotidien, il nous paraissait évidemment de s’interroger sur leurs implications dans le domaine artistique et culturel.

Les artistes ont toujours été à l’avant-garde de changement politique et sociétal, ces deux jours étaient donc l’occasion de se saisir pleinement des nouveaux enjeux technologiques et des possibilités qu’offre le numérique en matière de création.

L’objectif des Culture Experience Days était de permettre aux participants de créer des objets et de tester la manière dont ils changent les arts vivants avec comme idée principale, celle de placer l’artiste-interprète au centre de la création.

Il existe encore très peu de hackathon autour des objets connectés à l’heure actuelle. L’idée de ce hackathon était de prototyper un objet connecté autour des arts vivants. Pouvez-vous nous dire quels ont été le moyens mis à disposition des participants pour créer des objets connectés ?

Nous avons mis à disposition des participants de nombreux objets et du matériel qui puissent les aider à prototyper.

Nous avions des composants électroniques tels que des Arduino, des Makey Makey, la toute nouvelle carte Weio dédiée à l’Internet des objets, la plus importante collection de France de Little Bits (prêtée par l’Institut de l’Internet et du Multimédia) et aussi des Estimote, des bracelets connectés Myo, des Leap Motion, des Kinect, des Oculus Rift, une imprimante 3D. Bien évidemment, quelques-uns de nos partenaires sont venus avec leur Google Glass.

Nous avions aussi du matériel, nettement moins technologique mais tout autant essentiel pour prototyper, comme du carton plume et du tulle.

Par rapport à des hackathons plus traditionnels, quelles sont les difficultés lors d’un hackathon orienté sur le prototypage d’objets connectés ?

Et bien le prototypage ! Nous avions imposé une contrainte : pas de powerpoint. En effet, nous voulions un rendu concret et que les équipes aillent au bout de leur idée. Plusieurs difficultés se posent quand il s’agit de faire fonctionner un objet car différents composants entrent en ligne de compte, il faut être capable de trouver le juste équilibre entre le code, le bidouillage, le design et le côté artistique. Les équipes ont toutes relevé le défi haut la main. Nous avons été impressionnés par leur investissement et leur créativité.

Y a-t-il des applications développées lors de ce hackathon qui ont tout particulièrement retenues votre attention ?

Cela est difficile de retenir quelques projets tant les performances artistiques qui sont nées de ces deux jours ont été riches. Mais s’il faut en citer quelques-uns, nous pourrions évoquer la création d’un espace scénique avec des voiles qui vibrent et avec des images projetées qui réagissent à la voix, un jongleur qui utilise un baled, mariage du balai et de la led, connecté et lumineux commandé par les spectateurs, ou encore un tableau qui permet de peindre sans peinture grâce à de la lumière créée à chaque contact de la main sur la toile…

L’Adami prévoit-elle de mettre en place d’autres hackathons de ce type prochainement ?

Ces 54 heures de création ont été une véritable émulation artistique et intellectuelle. Il existe un vrai désir de coopération entre les différentes communautés (artistes, makers, développeurs designers) réunies ce weekend. Nous voulons aller au-delà pour permettre à des projets innovants de voir le jour.

Il y a-t-il un objet connecté que vous attendez tout particulièrement sur le marché français et pourquoi ?

Celui qui sera développé grâce à l’Adami !

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