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[5 questions @] Elisha Karmitz, fondateur du MK2 VR

Bilan, pôles d’activités, stratégie de développement et futurs projets : Elisha Karmitz, fondateur du MK2 VR, s’est confié à GoGlasses dans une interview [5 questions @]. 

Directeur général du MK2 Holding et MK2 Agency depuis 2008, Elisha Karmitz est également le fondateur du MK2 VR, espace du MK2 Bibliothèque entièrement dédié à la réalité virtuelle, à Paris. Ouvert en décembre 2016, le MK2 VR a depuis pris son envol : affluence au rendez-vous, fort relais médiatique et diversification des activités commerciales. Interview.

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GoGlasses | Bonjour Elisha. Pour cette rentrée 2017, quel le premier bilan du MK2 VR. Comment a été accueilli l’espace ? Quels sont les chiffres d’affluence ?

Elisha Karmitz : Il y a eu deux phases dans le lancement du MK2 VR. Une première phase correspondant à l’annonce de l’ouverture en décembre 2016, où il y avait à la fois une sorte de scepticisme par rapport à la réalité virtuelle, mélangé à un certain intérêt, un peu de fascination et beaucoup de curiosité. Au moment du lancement, nous n’avions aucun référent au niveau mondial sur « qu’est-ce qu’était une salle d’arcade VR, quelle forme cela pouvait prendre, comment les billets se vendaient, le prix était-il accepté par le client ». On partait d’une page blanche. Il a fallu beaucoup évangéliser, expliquer, raconter.

Je considère que l’on a été très bien accueilli, et par les médias, et par le public. L’un a servi l’autre. On a eu un relais médiatique qui a permis d’attirer le public. Au niveau du public, le bilan que l’on peut tirer est extrêmement positif. Le public est content : des gens de tous les âges sont venus, et n’hésitent pas à revenir. On est largement dans nos objectifs. Aujourd’hui, ça laisse présager du meilleur pour l’avenir et le développement des lieux fixes (ndlr : l’opposé des lieux éphémères ou pop up store). C’est très excitant. Je pense que c’est lié à l’attraction de la réalité virtuelle. Je pense aussi que l’on a su donner une forme à la VR qui correspond aux attentes d’un public. Le fait que MK2 ait 43 ans d’expérience dans l’industrie du cinéma n’y ait pas pour rien.

Nous avions des objectifs de fréquentation et de chiffres d’affaires. Il y a deux aspects aux MK2 VR et MK2 Bibliothèque : il y a la salle MK2 VR et les sièges Lapins Crétins qui sont à l’entrée du bâtiment. Si l’on cumule ces deux expériences, nous avons environ 50 000 personnes qui sont venues mettre des casques de réalité virtuelle sur leur tête. Ce sont des chiffres très importants, très satisfaisants, et qui rentrent dans nos objectifs.

GoGlasses | Aujourd’hui, quels sont les principaux pôles d’activités du MK2 VR ?

E.K : MK2VR est une marque qui est aujourd’hui vouée à plusieurs activités : une activité grand public de création de lieux dédiés à la VR dont le premier est au MK2 Bibliothèque. On ne compte très clairement pas s’arrêter là. Nous avons annoncé à Cannes un partenariat avec le groupe chinois Soreal.

« Il est évident que l’on va ouvrir une salle MK2 VR à Madrid le plus rapidement possible »

Nous avons aussi une activité de distribution de contenus : nous représentons actuellement trois films au festival de Venise. Et puis une très grosse activité B2B, où l’on propose, à la location ou à l’achat, la distribution de hardwares et de produits permettant d’organiser des événements VR. Nos activités s’étendent sur ces trois champs.

Goglasses | MK2 VR n’est finalement pas un espace uniquement dédié au divertissement en réalité virtuelle.

E.K : Le MK2 VR n’est effectivement pas dédié qu’au divertissement VR. Plus que le divertissement, je dirais que l’espace est dédié aux expériences en réalité virtuelle. Pour la partie grand public, l’on va avoir des contenus très créatifs et recherchés, mais aussi des jeux vidéo et du divertissement. Aujourd’hui, il y a des gens qui vont regarder un contenu comme Planet Infinity et d’autres qui vont jouer à Archangel, une exclusivité créée par le grand studio de jeu vidéo Skydance. Ce pluralisme là renvoie à notre image. C’est ce qu’est le MK2 VR. Et c’est la vision que l’on a de notre offre culturelle.

Ensuite, la salle est beaucoup utilisée par les professionnels : pour de la formation VR, pour des sessions de commercialisation où la VR est une aide à la vente. Il y a notamment des groupes immobiliers qui utilisent la salle pour faire des visites virtuelles de leurs promotions immobilières pour vendre leurs appartements et leurs surfaces commerciales. Uniquement au sein des leurs entreprises, il y a des formations qui sont organisées par des organismes de formation sur la réalité virtuelle. Nous avons aussi des team building et beaucoup d’entreprises de luxe qui viennent benchmarker pour rester à la page de ce qui fait d’un point de vue créatif.

GoGlasses | Quelle est la stratégie de développement des trois pôles d’activités présentés ?

E.K : Sur les lieux dédiés, ce sera de continuer à en ouvrir. Nous sommes en train de rechercher des nouveaux emplacements. Nous avons par ailleurs racheté le plus gros multiplexe de Madrid (ndlr, plus important cinéma de Madrid, le « Cines Dreams Palacio de Hielo »)dans le courant de l’été. Il est donc évident que l’on ouvre une salle MK2 VR à Madrid le plus rapidement possible. Au niveau du contenu, l’on a commencé à vendre dans le monde entier un catalogue de contenus que l’on représente.

« Il est nécessaire de proposer aux gens des contenus extrêmement qualitatifs »

Notre chaîne de catalogue commence à être vendu dans des festivals allant de l’Israël à la Colombie en passant par le nord de l’Europe ou la Chine. Nous allons aussi clairement intensifier notre activité B2B en proposant des solutions à des entreprises : des solutions clés en main pour mettre en oeuvre des espaces VR dédiés à des contenus B2B et contenus B2C. Ce sera une grosse partie de notre activité.

GoGlasses | Comment voyez-vous l’avenir de la réalité virtuelle ?

E.K : Mon opinion, c’est que la réalité virtuelle n’est pas un gadget, les gens la ressentent et ce depuis le départ. La VR est là pour s’installer durablement dans la vie des gens. Ce sera un outil, notamment dans le secteur des loisirs et de la culture, avec une énorme potentialité. Les lieux dédiés à la VR vont considérablement continuer à se développer dans les mois et les années qui viennent. Il y a un moins d’un an, le location based (ndlr, lieux fixes) était considéré par les investisseurs comme purement auxiliaire. Alors que je pense que ce sera un maillon essentiel de la chaîne.

Il y a de plus en plus de qualité et de contenus émouvants, qui génèrent plus d’émotions chez les spectateurs. C’est une belle évolution. On constate également qu’il y a un public assez friand de ça. Par contre, il est absolument nécessaire de proposer aux gens des contenus extrêmement qualitatifs. Sinon, ils n’auront pas de raison de faire de la VR dans un certain cadre. C’est mauvais pas simplement pour les lieux, mais aussi pour l’ensemble de l’industrie. L’important, c’est que la première expérience soit positive et fasse revenir l’utilisateur.

A propos de Grégoire Huvelin

Amoureux des mots, joueur de poker à mes heures perdues et inlassablement animé par les nouvelles technologies qui façonneront notre avenir.