Notre bilan Google Glass de l’année 2014

Notre bilan Google Glass de l’année 2014

Les Google Glass ont suscité, sans conteste, un grand intérêt en cette année 2014. Pas encore commercialisées en France, les lunettes connectées de Google ont eu droit à un impressionnant déferlement médiatique. Entre craintes et vifs intérêts pour ce que peut apporter cette nouvelle technologie, les débats furent partagés.

Les Google Glass sont pour autant encore très rares en Europe. Il semble d’ailleurs bien hypothétique de croiser quiconque les portant sur le bout de son nez dans nos rues. A titre personnel et hors événement spécialisé, il m’est arrivé d’en croiser une seule fois, dans le métro parisien.

Alors, qu’en est-il vraiment ? Certains médias écriraient-ils sans avoir une réelle connaissance des Glass ? L’année 2014 fut-elle finalement celle des Glass ?

Décryptage.

Infographie sur le bilan de l'année 2014 des Google Glass - GoGlasses

Infographie sur le bilan de l’année 2014 des Google Glass – GoGlasses

Petit retour en arrière. Au début de l’année 2014, les Google Glass en sont à leur seconde version. Le programme est toujours très restreint puisque Google attribue nominativement la possibilité pour une personne ou un organisme (de nationalité américaine) d’acheter une paire de ses lunettes connectées pour le prix de 1500$. Le programme est nommé Glass Explorer. Google souhaite ainsi bénéficier d’un panel de béta-testeurs réalisant des retours ciblés à l’équipe en charge du projet au sein de la firme de Mountain View. L’année 2014 va être notablement marquée par l’élargissement progressif de ce programme et ce dès janvier puisque chaque « Glass explorer » va avoir la possibilité d’inviter 3 personnes à acheter à son tour une paire de Google Glass et ainsi rejoindre le programme Explorers. Les invitations générées vont rapidement se retrouver sur des sites de revente (Ebay, etc.) ce qui marquera le premier réel élargissement du programme.

stop-google-glassCet élargissement va susciter aux Etats-Unis une vague de polémiques autour du port des Google Glass qui sera très largement relayée en France. A l’origine de celle-ci, quelques faits divers. Nous pouvons notamment citer l’arrestation par le FBI d’une personne portant des Google Glass dans un cinéma, l’arrestation d’une femme par la police pour port de Google Glass au volant (elle sera finalement relaxée) ou encore l’agression dans un bar d’une personne équipée des fameuses lunettes. Ces quelques faits divers incarnent parfaitement la crainte pouvant entourer la mise sur le marché de lunettes connectées. Les principales problématiques soulevées sont liées au respect de la vie privée, au changement de comportement social pouvant être entraîné par un port généralisé de ces dispositifs, mais peuvent également trouver explication au travers d’une méconnaissance globale de la technologie. Les problématiques liées à la vie privée sont en effet à ce jour surestimées comparativement à celles liées à l’usage quotidien des Smartphones.

Google va très rapidement rebondir après cette mauvaise publicité médiatique, puisque dès fin janvier, la firme va présenter sa nouvelle collection de Google Glass intitulée Titanium. Grâce à ces nouveaux modèles, Google inscrit ses lunettes dans le wearable en souhaitant sortir de l’image du gadget geek. Dès mars 2014, Google signe un accord avec Luxottica (Ray-Ban, Oakley, Persol) laissant envisager la sortie future de montures adaptables haut de gamme. En juin 2014, la société va d’ailleurs renforcer cette tendance en sortant de nouveaux modèles en partenariat avec la créatrice Diane Von Furstenberg (alias DVF).

En avril, Google va poursuivre sa mission de promotion en proposant des séances de démonstration de ses Google Glass au travers de Base camps (initialement à New York, San Francisco et Los Angeles), lieux entièrement dédiés aux Glass. Les personnes sélectionnées avaient auparavant postulé sur la page de sélection du programme Explorer. Via ces opérations ponctuelles et ciblées, Google récolte des retours d’expérience précieux pouvant aider au développement de la future version grand public.

glass-communityC’est d’ailleurs bien là tout l’enjeu et l’intérêt du programme Explorer : les Explorers disposent d’un accès à une communauté étant spécialement dédiée à leurs retours d’expérience et d’un lien particulier avec l’équipe Google en charge du projet. Ils ont un réel rôle de testeurs et sont parfaitement alertés du caractère de prototype de leurs Google Glass.

Le programme va connaître une nouvelle extension, et de taille cette fois-ci, à partir de la mi-avril 2014. Google va dans un premier temps ouvrir pour une durée limitée la vente de Google Glass à l’ensemble des Américains. Un mois plus tard, l‘ouverture de la vente à tous les Américains sera finalement maintenue sans limite de temps. Les conditions à remplir sont alors les suivantes :

  • être résident américain ;
  • débourser 1500 dollars ;
  • disposer d’une adresse de livraison aux États-Unis.

Au mois de juin 2014, ce sera finalement au tour des Anglais de pouvoir s’acheter des Google Glass pour la somme de 1000 livres. La vente ne sera pas élargie à d’autres pays durant cette année. Il est d’ailleurs important de souligner que les Google Glass ne sont disponibles qu’en langue anglaise, ce qui est notamment très impactant du point de vue des commandes vocales.

Google n’en oublie pas pour autant le côté B2B (Business to Business) en lançant son programme Glass at Work dès le mois d’avril. L’objectif est de développer les Google Glass en entreprise. 10 entreprises vont d’ailleurs être certifiées par les équipes de Google en 2014, leur permettant ainsi de délivrer des solutions Google Glass professionnelles.

Glass Certified Partners are authorized by Glass at Work for delivering enterprise solutions for Glass. They are also eligible for co-branding and listing on the Glass at Work website.

Ivy Ross

Ivy Ross

Le 19 mai 2014, la Direction du projet Glass prend un tournant puisque Ivy Ross vient prendre la tête du département Google Glass. Loin d’être une spécialiste des nouvelles technologies, Ivy Ross est avant tout spécialisée dans le marketing, le design et la vente. Ivy Ross ne cache pas qu’elle débute sur les Google Glass, mais affirme dans un même temps qu’elle apprend vite.

Pour beaucoup, cette nomination marque la volonté de la firme américaine de plonger les Google Glass dans sa phase de commercialisation grand public. Pourtant, depuis cette nomination, l’actualité relative aux lunettes de Google se fait plus rare et moins explosive.

Cette arrivée sera également synonyme de départ. Babak Parviz quittera en effet Google quelques semaines plus tard au profit d’Amazon. Cet homme, l’un des pères des Google Glass, était un personnage clé au sein de la société américaine. Il avait notamment dirigé Google X (centre de recherche de Google) et permis l’élaboration des Google Glass.

Chose est certaine, l’arrivée d’Ivy Ross s’accompagne de l’émancipation du programme Google Glass du Google X Lab marquant l’importance donnée par la société américaine à son projet.

A partir de l’été 2014 et ce jusqu’à la fin de l’année, les actualités Google Glass d’envergures se feront de plus en plus rares. Google continuera pour autant toujours de travailler sur ses Glass, notamment en apportant différentes vagues successives de mises à jour. Nous avions d’ailleurs traité Kit Kat pour Google Glass, la 17.1, la 17.2, la 17.31, la 19.1, la 20.1, la 21.3, la 22.0. La liste complète peut quant à elle être retrouvée sur le site officiel. Annoncé à la Google I/O 2014, le Glassware Flow Designer sera rendu disponible dès août 2014. Cet outil a pour objectif de gommer deux défauts : l’absence d’outil de maquettage et accélérer le processus de validation des glasswares. Il est mis à disposition en ligne par les équipes de Google.

De manière concomitante, le nombre d’usages autour des Google Glass ne va cesser de croître. L’engouement auprès des développeurs et des sociétés est une grande réussite dont peut se féliciter Google. Des centaines d’applications sont développées, des milliers d’usages sont conceptualisés. Les usages les plus marquants sont certainement ceux liés à la santé, que ce soit dans le cadre d’opérations chirurgicales, de formation, d’aide aux handicapés ou encore lors du relais ambulance/médecin.

Les autorités publiques se sont également intéressées à cette nouvelle technologie et aux usages qu’elle peut apporter. Ce fut notamment le cas de la police new-yorkaise ou encore du pompier américain Patrick Jackson, développeur à ses heures perdues et mis en avant par Google :

Le Glassware compte aujourd’hui plus de 110 applications. Afin de figurer sur le Glassware, l’application doit au préalable être approuvée par Google et respecter un certain nombre de critères définis par la firme américaine. Un rapide tour sur le store permet de constater le nombre élevé d’usages d’ores et déjà imaginés. Notons tout particulièrement la présence de BikerFinder, l’application de vélo développée par une équipe française que nous suivons depuis leurs débuts.

Extrait du Glassware Google

Extrait du Glassware Google

Pour la fin d’année 2014, Google a dévoilé son ambition de continuer à développer ses Google Glass avec la prochaine arrivée d’une 3ème version. Intel sera cette fois-ci de la partie puisque la puce Texas Instrument qui est intégrée pour l’heure devrait être remplacée par un processeur Quark Intel. L’équipe Glass a également sorti une vidéo 2014 ThroughGlass reprenant les meilleurs instants partagés par les Glass Explorers durant cette année : de quoi ne pas oublier que les Google Glass sont toujours bien vivantes et n’en sont encore qu’à leurs débuts.

En conclusion

Chacun dispose à présent de tous les éléments nécessaires afin de se faire sa propre idée de ce que fut réellement le bilan Google Glass de cette année 2014. En tous état de cause, la convergence d’idées et d’efforts déployés autour de ce nouvel outil, non encore répandu auprès du public, est exceptionnelle. L’engouement auprès de certains professionnels et particuliers est certain. Même si l’avenir des Google Glass devra très certainement passer, dans un premier temps, par des usages B2B, les applications et les possibilités offertes par les lunettes connectées réussiront à en séduire plus d’un. Google nous démontrera, en 2015, de quelle manière il souhaite orienter son nouveau produit.

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